Vous désirez… en savoir plus sur le viol ?

Le jeudi 16 novembre 2017 s’est déroulée une conférence gesticulée sur le thème de la culture du viol, proposée par La Compagnie des Culottées du bocal, aux Halles de Tours.

À travers la conférence intitulée « Vous désirez ? », organisée par le Service Santé Universitaire (SSU) de Tours, la Compagnie des Culottées du bocal revient sur la « culture du viol ». Cette association populaire, créée en 2015 et basée à Paris, a pour cela choisi le principe d’une conférence gesticulée. Cette technique d’éducation se situe entre le théâtre et la conférence. Selon le site web Madmoizelle, la culture du viol serait « un environnement social et médiatique dans lequel les violences sexuelles trouvent des justifications, des excuses, sont simplement banalisées, voire acceptées ». La conférence a fait salle comble, preuve de l’intérêt croissant pour cette thématique. Une bonne manière de revenir sur l’actualité, et sur l’augmentation impressionnante des dénonciations d’agressions sexuelles.

 

Le viol, « un problème de société »

Sur scène, d’un côté il y a Sandra, intermittente du spectacle, précaire et militante féministe. De l’autre, Laura, ex-garçon manqué, est intermittente elle aussi. Elles décrivent le viol comme un réel « problème de société », qui concerne tout le monde. Pourtant, cet acte est de plus en plus banalisé. Autrefois, en contexte de guerre, le viol était une arme d’humiliation de l’ennemi. Aujourd’hui, 98% des agresseurs sont des hommes. Le plus souvent, les victimes sont des femmes : « Ça tombe bien, le mot victime est déjà au féminin », ironise Laura.

Tout le monde est d’accord pour condamner le viol, mais la plupart de ceux qui en commette ne considèrent pas leurs actes comme tel.

 

Entre mythes et consentement

La notion de viol est étroitement liée au consentement. Les Culottés du bocal nous proposent quatre critères pour mieux comprendre la notion: l’acte sexuel doit être libre, explicité afin de s’assurer que les partenaires soient d’accord, éclairé (c’est-à-dire que les partenaires doivent être en âge et en état de comprendre) et le consentement doit être continu durant l’acte.

L’histoire du viol est aussi construite autour de mythes, encore présents aujourd’hui. Sandra et Laura ont décidé de les déconstruire :

  • Les violeurs auraient tous des problèmes psychologiques. En réalité, ils ne représentent que 5 à 10% des cas, mais ils sont surreprésentés dans les films. Un autre mythe voudrait que les violeurs viennent principalement des milieux défavorisés : là encore, c’est faux. Ils sont juste beaucoup plus médiatisés. Au contraire, des études réalisées par des mouvements féministes montrent que les agresseurs exercent le plus souvent des métiers « de pouvoir ».
  • Les victimes sont des menteuses et veulent se rendre intéressantes. Si la victime souhaite dénoncer quelqu’un, elle est confrontée à plein d’obstacles : à commencer par les questions des policiers : « Combien avez-vous de partenaires sexuelles ? » ou «   A quel âge avez-vous eu votre premier rapport ? ». Lors d’un inceste, la victime est accusée de « détruire sa famille ». Dans la sphère professionnelle, 80% des femmes qui dénoncent des agressions sexuelles sur leurs lieux de travail perdent leur emploi l’année qui suit. Enfin, lorsque les agresseurs sont riches ou célèbres, les dossiers sont placés sans suite. Comme exemple, un homme accusé du viol d’une fillette de 13 ans est aujourd’hui… président des États-Unis.
  • La tenue serait aussi un élément aggravant. Les femmes sont jugées sur leurs vêtements trop provocants et leurs manières de se comporter. Le « victimblaiming » est le fait de croire qu’il y a une corrélation entre l’attitude de la victime et ce qu’elle a vécu. Cela impacte la conscience de la victime : «C’est de ma faute ».
  • « Pourquoi tu ne t’es pas défendue ? ». Le fait de ne pas se défendre est reproché à la victime, alors qu’elle est souvent dans un état de sidération. Le corps de la victime sécrète des hormones qui la plongent en état de stress et elle est incapable de réagir. Après, le souvenir peut-être occulté pendant plusieurs années afin de se protéger mentalement. Mais les victimes peuvent aussi revivre cette agression à travers des événements choquants.

Cependant, il existe des cultures sans viols. C’est le cas des communautés indonésiennes, où le sexe est synonyme de plaisir, et où il n’y a pas de domination masculine. Pour finir la conférence sur une touche positive, Sandra et Laura insistent sur le fait que le sexe reste un acte qui se partage. Elles croient en l’empathie des gens, l’évolution de la mentalité des Hommes et qu’il est possible de construire des relations sans peur et brutalité. Des propos qui font écho à l’actualité…

« Et vous, qu’est-ce que vous désirez ? »

Perrine BASSET

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