Pour les Bleus, c’est maintenant ou jamais

L’Équipe de France affronte ce week-end la Belgique au Stade Pierre Mauroy de Lille en finale de Coupe Davis. Après le rendez-vous manqué face à la Suisse en 2014, les joueurs de Yannick Noah n’ont plus le droit à l’erreur.

© Philipe Huguen / AFP

Une occasion à ne pas manquer. Défaite par la Serbie de Novak Djokovic en 2010 et la Suisse de Roger Federer et de Stan Wawrinka en 2014, la France n’aura cette fois aucune excuse en cas de contre performance face à la Belgique.

Une sélection qui fait débat

Yannick Noah est un habitué des choix osés, voire risqués au moment de composer l’Equipe de France de Coupe Davis. Il n’a pas dérogé à ses principes à l’heure d’affronter la Belgique à Lille. À la surprise générale, le capitaine a décidé de se passer des services de Nicolas Mahut. L’ancien numéro 1 mondial de double est, sans aucun doute, celui qui avait le plus sa place dans cette équipe. Il est le seul joueur à avoir participé aux trois étapes de Coupe Davis cette année et fait office de référence mondiale en double.

C’est le choix du double tricolore, composé de Richard Gasquet et de Pierre-Hugues Herbert, qui fait le plus parler. Richard Gasquet sort d’une saison plus que moyenne, clôturée à une pâle 31ème place mondiale et sans véritable repère en double. Mais le cas de Pierre-Hugues Herbert prête encore plus à confusion. Le joueur de 26 ans a abandonné en plein Master de Londres pour un lumbago au dos contracté moins d’une semaine avant cette finale et il est arrivé diminué au rassemblement.

Yannick Noah a donc constitué son équipe en se basant uniquement sur ce qu’il a observé tout au long du stage de préparation tout en assumant que « l’affectif, les histoires, les palmarès, on met ça de côté ».

Une campagne en demi-teinte

Cette édition 2017 de Coupe Davis est un véritable paradoxe. Les Bleus sont tout proches de ramener le saladier d’argent sur le sol français, après seize années de disette sans avoir croisé le moindre membre du Top 10 mondial avant la finale. L’Équipe de France a su profiter de l’hécatombe de blessures qui s’est abattue sur le circuit ATP cette saison pour rallier le dernier carré sans encombre.

Au premier tour, le Japon orphelin de Kei Nishikori, 5ème joueur mondial la saison passée, n’a pas présenté sa meilleure équipe possible au moment de recevoir les Bleus à Tokyo. Même son de cloche pour la Grande-Bretagne, qui s’est rendue à Rouen sans Andy Murray. Et que dire de la Serbie, qui comptait comme meilleur joueur Dusan Lajovic, modeste 75ème joueur mondial, au moment d’affronter l’Équipe de France pour une place en finale.

Malgré un parcours relativement tranquille, ce tableau clément ne permet pourtant pas de dresser un véritable bilan des forces en présence côté français avant d’affronter la Belgique. Cette campagne masque quelques lacunes mal venues au sein même du Groupe France. Notamment la relation assez tendue affichée en demi-finale face à la Serbie entre le capitaine Yannick Noah et son leader Jo-Wilfried Tsonga. Muet au moment d’encourager le 15ème joueur mondial, le dernier vainqueur français de Roland Garros semblait en plein doute et une défaite face à la Serbie sans Novak Djokovic l’aurait mis dans une très mauvaise posture. Leur relation ce week-end sera l’un des éléments clef de cette rencontre face aux redoutables belges.

© Philipe Huguen / AFP

« Toute la pression est sur les Français »

Cette finale s’annonce d’autant plus indécise que la Belgique n’est pas un adversaire à prendre à la légère. Finaliste malheureuse face à la Grande-Bretagne d’Andy Murray en 2015, l’équipe belge fait partie des références de la compétition, avec de vrais experts de Coupe Davis qui ne déçoivent jamais une fois l’étendard belge brodé sur leur maillot.

David Goffin, 7ème joueur mondial, est en pleine confiance. Il est le finaliste du dernier Master de Londres, au cours duquel il a notamment éliminé Roger Federer. Autant dire que la sérénité est du côté des visiteurs. Malgré un stade Pierre Mauroy de Lille acquis à la cause des tricolores et plus de 25 000 supporters prêts à soutenir l’Équipe de France, le capitaine belge Johan Van Hercq s’avance dans cette finale sans complexe. Il est persuadé que « toute la pression est sur les Français ». Il affirme avoir totalement confiance en son groupe : « On est une vraie équipe. On s’entend très bien. On est très droits les uns avec les autres. On a surtout, aussi, des joueurs qui savent jouer la Coupe Davis ».

Et c’est bien sur ce dernier point que les belges semblent les plus dangereux. Sur le papier seul David Goffin sort du lot et fait office d’épouvantail. Mais sur le court, Steve Darcis, 76ème joueur mondial, est le véritable taulier de cette équipe. Rompu aux joutes mondiales, le numéro 2 belge raffole de ces matchs à enjeux. En témoigne cette statistique qui en dit long sur le mental du joueur de 33 ans : sur les cinq matchs décisifs qu’il a disputé, Steve Darcis a gagné … cinq fois !

L’Équipe de France se sait favorite et c’est bien cela son plus grand danger. Mais il ne reste plus qu’à espérer que la magie Noah va de nouveau faire effet et que « Monsieur Coupe Davis » va permettre aux Bleus de remporter à nouveau le saladier d’argent tant convoité. Avec le célèbre « Saga Africa » en guise de tour d’honneur ? L’histoire serait belle, il ne tient qu’à l’Équipe de France de l’écrire.

Louis BOULAY

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