« Je combats Marine Le Pen et François Hollande »

CARNET DE CAMPAGNE. Candidat à la Primaire de la droite et du centre, Bruno Le Maire est passé par l’Hôtel de ville de Tours, vendredi, le temps d’un meeting. Celui qui se nomme Le Maire, qui est député de l’Eure et qui souhaite devenir Président de la République en mettant fin au cumul des mandats, a répondu à nos questions.


Plus de 600 personnes se sont réunies dans le grand hall de l’Hôtel de ville de Tours, vendredi, à l’occasion de la venue de Bruno Le Maire (Les Républicains), député et candidat à la primaire de la droite et du centre. Accueilli en rock-star sur la musique choisie pour sa campagne, le politicien est arrivé en traversant la foule, tel Moïse séparant la mer en deux, pour rejoindre de nombreux élus, l’entourant sur la scène centrale. Parmi eux, Frédéric Augis, patron des Républicains 37, mais aussi Serge Babary, maire (LR) de Tours, ou encore Claude Greff et Philippe Briand, députés du département.

Un plateau d’élus semblable à celui de la veille lors de la venue de François Baroin, avec des discours franchement similaires… Ces élus et le public étaient assis de façon à encercler Bruno Le Maire, pour que ce dernier soit au cœur des discussions, « proche des Français ». Une disposition assez peu observée en meeting politique. A noter la présence de nombreux tee-shirts colorés, plutôt tendance, ou pas, avec « La Primaire c’est Le Maire » floqué sur le dos. Ils sont portés par les militants, des « jeunes », comme Bruno et ses 47 printemps.

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Élus, militants ou simples curieux, réunis autour du candidat à la Primaire. (Photo : Martin Esposito)

Bruno attitude

L’ambiance est festive, des « Bruno, Bruno ! » résonnent, jusqu’à ce qu’un jeune opposant s’interpose sur la scène, osant faire face au candidat. « Nous en avons marre des politiciens qui ne tiennent pas leurs promesses ! » commence-t-il à lire sur sa main, avant que le service d’ordre n’arrive et le fasse évacuer. Ambiance. Le discours commence alors. Plutôt court, pour laisser un long moment de questions/réponses avec le public. Un public qui représente la « Bruno attitude » selon Philippe Briand : manches relevées, col ouvert, décontracté de l’extérieur, mais sérieux à l’intérieur.

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T’as la Bruno attitude ou tu l’as pas. (Photo : Martin Esposito)

Bruno va battre deux Goliath

Le discours de Le Maire démarre fort. « Il y a des Goliath dans cette Primaire. Mais il arrive que David gagne. Et David va battre deux Goliath, pour imposer le renouveau », énonce-t-il, en faisant référence aux deux poids lourds Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Tout au long du discours, Le Maire n’a pas oublié de préciser qu’il était proche des Français, en évoquant ses quelques 450 déplacements depuis 2012 et ses milliers de rencontres. « J’ai pris le temps d’écouter les Français. Ce n’est pas le projet d’un candidat, mais celui de tous les Français », a avancé le député.

Parmi ses grandes idées, Le Maire aborde particulièrement celle du renouveau. Quelques propositions comme la fin du cumul des mandats peinent à soulever l’enthousiasme des députés Philippe Briand et Claude Greff , qui ont vu leurs mains se paralyser au moment des applaudissements. En effet, ces derniers, avaient, la veille, lors de la réunion publique avec François Baroin, présenté cette mesure de non-cumul comme le fait « d’éloigner les parlementaires de la République ».

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Depuis la défaite de la Droite en 2012, Le Maire dit « avoir pris le temps de comprendre et écouter les Français ». (Photo : Martin Esposito)

« Une droite qui ne s’excuse pas d’être de droite. »

Ne pas augmenter ni les impôts ni les taxes sont aussi des mesures chères à Bruno Le Maire. Même si la rhétorique du « ne pas augmenter » est une façon habile de dire qu’ils ne vont pas diminuer. Ce dernier souhaite également augmenter les effectifs de police et de gendarmerie : «  Il faut faire respecter les règles de la République. Je veux une droite qui ne s’excuse pas d’être de droite. »

Parmi les autres mesures, la privatisation de Pôle Emploi ou encore un réaménagement du système éducatif. «  Les enfants en difficulté sont laissés de côté. Il faut rétablir quinze heures d’apprentissage de la langue française en primaire pour arriver avec plus de connaissances au collège », a ajouté le candidat. Tout en souhaitant supprimer le nombre de fonctionnaires dans l’Education nationale. Paradoxe ?

Sur la question sensible de Calais, Le Maire a rappelé que les migrants vivaient dans une situation misérable. « Il faut déplacer la frontière de la France à la Grande-Bretagne, qui a décidé de quitter l’Union Européenne ! »


Cinq questions à : Bruno Le Maire

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« Il faut proposer un référendum aux Français pour leur demander s’ils veulent changer la politique  » (Photo : Martin Esposito)

L’Accroche : M. Le Maire, pouvez-vous revenir sur la réforme de l’éducation que vous souhaitez ?

Bruno Le Maire : « La première chose à faire : reconnaître les talents de chaque enfant. C’est l’objet du collège diversifié que je propose. Nous ne devons pas casser les enfants qui ne correspondent pas au « modèle général » mais leur permettre d’exercer dans des formations professionnelles dès la sixième.

« Permettre aux enfants d’exercer dans des formations professionnelles dès la sixième. »

Je souhaite aussi garantir aux jeunes la meilleure orientation possible. Pour ce faire, je propose de supprimer les filières (S, ES et L) mais de conserver une dominante avec des options que chacun sera libre de choisir. Et pour entrer dans un cursus universitaire littéraire ou scientifique par exemple, il faudra apporter la preuve que vous avez choisi la dominante littéraire ou scientifique. »

Qu’est-ce que vous proposez pour améliorer le quotidien des étudiants ?

« Je veux qu’à l’entrée à l’université, le taux d’employabilité par rapport aux filières soit donné aux futurs étudiants. Avant d’entrer dans leur filière, ils sauront si l’on trouve facilement ou difficilement un emploi.

« Laisser les universités libres de fixer un montant d’inscription »

Je ne veux pas de sélection à l’université mais seulement à l’entrée au master. Je préfère une meilleure orientation plutôt qu’une sélection qui met des jeunes de côté.
Concernant les conditions de vie des étudiants à l’université, je souhaite que les universités soient plus autonomes, qu’on les laisse libre de fixer un montant d’inscription, avec des plafonds pour qu’il n’y ait pas d’excès, et un soutien accru aux boursiers. Cela permettra aux universités d’avoir des ressources plus importantes pour financer l’amélioration de la vie quotidienne des étudiants. »

 

 

Préférez-vous qu’un candidat de droite triomphe à la présidentielle de 2017 ou que Marine Le Pen ne soit pas élue ?

« Ni l’un, ni l’autre. Le plus important, c’est que les choses s’améliorent enfin dans le pays et que l’on prenne enfin les décisions économiques, sociales, éducatives qui s’imposent. Je combats, Marine Le Pen et je combats François Hollande avec beaucoup de détermination. Mais avant de combattre, il faut porter quelque chose de positif en politique, un projet. C’est toujours une solution de facilité d’aller cogner contre les autres en politique. »

« Je souhaite une réduction du nombre de sénateurs et de députés et je m’oppose au cumul des mandats. »

Vous vous nommez Le Maire, vous êtes député, vous souhaitez devenir Président de la République, et pourtant vous êtes pour le non-cumul des mandats ?

« Il faut proposer un référendum aux Français pour leur demander s’ils veulent changer le mode de fonctionnement de la politique. Je souhaite une réduction du nombre de sénateurs et de députés et je m’oppose au cumul des mandats. »

Vous avez été Ministre de l’Agriculture entre 2009 et 2012, est-ce pour cette raison que vous avez décidé de participer à la toute nouvelle émission de Karine Le Marchand, Ambition Intime

Cela a joué car je connaissais Karine Le Marchand grâce à l’Amour est dans le pré. J’ai toujours bien aimé cette émission. Et vous verrez, en regardant Ambition Intime, que c’est une sacré bonne intervieweuse.

Simon ABRAHAM et Maxime BUCHOT

Photos, vidéo : Martin ESPOSITO

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