Montebourg entame sa campagne à Joué-lès-Tours

Après avoir gravi les sentiers escarpés du Mont Beuvray il y a un peu plus d’un mois, le retour en politique d’Arnaud Montebourg ne fait plus aucun doute. Entre reconstruction européenne et renouvellement de la classe politique, Montebourg a présenté son « Projet France » pour 2017 à Joué-lès-Tours (Indre-et-Loire) ce mercredi 22 juin.


21 h 15. Arnaud Montebourg répond à la toute dernière question posée par un militant « Serez-vous candidat à la primaire de la gauche si elle se tient en 2017 ? » Si la primaire est ouverte à tous, comme il le souhaite, Arnaud Montebourg en sera de la partie pour incarner une gauche qu’il veut alternative avec son « Projet France ». L’ancien Ministre de l’Economie, du Redressement productif et du Numérique aura donc retenu l’attention des 250 personnes présentes à la Longère des Grands Chênes de Joué-lès-Tours jusqu’à cette demie-annonce. Malgré la chaleur suffocante, la salle était comble. La capacité d’accueil était-elle volontairement faible pour donner une impression de foule ou bien Montebourg ne s’attendait-il pas à recevoir autant de soutiens pour son premier tour de piste ?

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Sur les coups de 19 heures, Laurent Baumel, le député socialiste de la 4e circonscription d’Indre-et-Loire, a accueilli à domicile celui qui a longtemps été le chef de file des frondeurs en claquant la porte du gouvernement le 25 août 2014 après un peu plus de deux ans de fonction. Dans le propos liminaire de cette réunion publique, Baumel a entrepris une anaphore sonnant comme une véritable déclaration d’amour : « Arnaud, je suis proche de toi parce que… » Primo : « Tu peux incarner une alternative pour répondre aux espérances des électeurs de gauche. » Secundo : « Nous sommes de la génération qui veut rénover la gauche, qui combat la finance prédatrice et qui possède d’autres solutions que l’adaptation au néolibéralisme. » Tertio : « Nous avons connu la même tristesse face aux revirements idéologiques du gouvernement ».

« Cesser avec cette Union européenne »

Le décor étant déjà bien planté par l’hôte de la soirée, Montebourg a pu présenter son « Projet France » devant une assemblée déjà conquise. Surtout que l’ancien avocat n’a pas renié ses idées. De toute évidence, il est toujours opposé au Président actuel : « La politique de Sarkozy et de Hollande est la même. » Selon lui, dès leur élection, ils sont allés à Berlin et à Bruxelles la fleur au fusil et ont tous deux courbé l’échine oubliant au passage leurs promesses de campagne. « Actuellement, la Commission européenne empiète sur notre liberté et notre souveraineté » déclare celui qui réclame une autre Europe. Ses solutions ? Diminuer le nombre de pays décisionnaires en fonction de leurs poids économiques pour ne pas rester dans une « Europe paralysée » qui ne parvient pas au compromis. Mais c’est avec cette formule bien choisie que Montebourg a résumé sa pensée sur l’Europe d’aujourd’hui : « Il faut cesser avec cette Union européenne qui a abouti à un pudding bureaucratique. »

Pas question pour autant de renoncer à la construction européenne, mais Montebourg souhaite une Europe restructurée. Pour ce faire, l’actuel vice-président du conseil de surveillance du marchand de meubles Habitat a signifié qu’il souhaitait un État fort et volontaire qui exprime des objectifs lisibles. En somme, un gouvernement actif qui prend des risques. « L’État peut beaucoup même s’il ne peut pas tout » a résumé celui qui est arrivé troisième au premier tour de la primaire présidentielle socialiste de 2011.

Le numérique au service de son programme

Pour mettre sur pied ce projet, Montebourg a désiré d’offrir aux militants ou simples sympathisants la possibilité de participer pleinement à la construction de son programme. C’est ainsi que Leprojetfrance.fr a ouvert à la manière de jlm2017.fr, la plateforme participative de Jean-Luc Mélenchon. « Mon rêve serait que des non-professionnels impliqués dans la politique puissent agir » déclare Montebourg en présentant ce laboratoire d’idées.

Contre le cumul des mandats dans l’espace et dans le temps, Montebourg songe à l’établissement d’une 6e République qui mette fin à cette « monarchie républicaine » détenue par quelques-uns. De surcroît, il ne souhaite pas que le Parlement soit réduit au silence : « Dans la séparation des pouvoirs, le Parlement est fait pour parler, pas pour se taire ». Aux prémices de cette campagne politique, Montebourg n’est lui pas prêt de taire ses idées.

Maxime Buchot

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