Laurent Joffrin : « Le problème, c’est les contenus gratuits sur Internet »

 Le directeur du journal Libération, accessoirement président du jury de la 9e édition des Assises Internationales du Journalisme, a accepté de répondre à nos questions juste avant la remise des prix. Un entretien sans langue de bois, ou presque…


Pourquoi avoir accepté le rôle de président du jury des Assises 2016 ?

Parce qu’on me l’a proposé !

Mais encore ?

C’est une invitation très flatteuse. Le rôle est intéressant, notamment pour donner des coups de main à des livres pas forcément connus du grand public mais qui ont une qualité et qui s’intéressent à notre métier.

Quel est l’objectif des Assises cette année ?

Réfléchir sur le modèle économique de la presse et des médias en général. Nous voulions voir quels problèmes ils posaient et quelles solutions nous pouvions apporter.

P1110211.JPG

Revenons à votre rôle de directeur de Libération : comment avez-vous vu évoluer le quotidien ces dernières années ?

Le journal a eu beaucoup d’ennuis il y a deux ans donc il a fallu prendre des mesures difficiles. Nous avons beaucoup réduit la masse salariale et la pagination. Désormais, le journal revit… ou survit en tout cas.

Quels ont été les retours sur la nouvelle formule instaurée en juin 2015 ?

Pour l’instant, c’est plutôt positif. En 2015, nous avons réussi à maintenir notre diffusion.

Y a-t-il d’autres innovations au programme dans le futur ?

Oui, je pense à de nouvelles idées pour notre quotidien. Mais comme je ne me suis pas encore adressé à la rédaction, ça va être difficile d’en parler.

Comment voyez-vous le futur de Libération ?

Assez mouvementé. Le problème, c’est les contenus gratuits sur Internet. On va essayer de faire le meilleur quotidien possible et développer davantage le site. Il faudra également trouver d’autres sources de revenus par exemple dans l’organisation d’événements comme des colloques ou des forums pour nous donner des compléments de chiffre d’affaire.

Concernant l’indépendance envers Patrick Drahi, que vous évoquiez une précédente conférence, vous disiez que « Libération est un village gaulois au sein d’Altice Médias ». Mais imaginons qu’un jour, un scandale SFR éclate : le traiteriez-vous ? (Patrick Drahi est le propriétaire de SRF, ndlr.)

Oui bien sûr, on en parlera.

Comme les autres médias ?

En tout cas, de manière aussi candide que possible.

Il n’y a vraiment aucune dépendance aujourd’hui ?

Non, il y a seulement une dépendance de management. J’ai du le voir trois fois Patrick Drahi. Nous n’avons jamais parlé du contenu.

Propos recueillis par Simon Bolle et Simon Abraham

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s