Cyclisme sur piste : la France perd la bataille d’Angleterre

Le vélodrome de Londres a assisté au retour en force de la Grande-Bretagne, qui est redevenue la nation N°1 de la piste au détriment de la France, qui a lourdement chuté de son piédestal.


Wiggins, Cavendish : leaders d’une nation

Deux des plus grands coureurs sur route du XXIe siècle s’en sont retournés à leur premier amour : la piste. Sir Bradley Wiggins et Mark Cavendish avaient glané de nombreux lauriers avant de se focaliser sur la route. Les deux comparses étaient d’ailleurs réunis en 2008, pour être titrés dans le madison. Bis repetita en 2016, encerclés par une foule dédiée à leur cause. Dans cette course longue de cinquante bornes, deux coureurs d’un même pays doivent se relayer au milieu d’un peloton conséquent. La confiance envers son partenaire y est primordiale. « Wiggo » et le « Manx Express » ont réussi leur première étape vers un possible titre olympique à Rio. Pour le vainqueur du Tour de France 2012, le billet pour le Brésil est en bonne voie. Médaillé d’argent dans la poursuite par équipes, il y a prouvé son utilité, même si la coordination avec ses compagnons est à travailler. Quant au sprinteur aux 44 succès sur les Grands Tours, sa relative méforme dans l’omnium (6e) l’oblige à attendre la sélection de la fédération anglaise.

Au sortir de ces championnats du monde, la Grande-Bretagne est redevenue la nation de référence avec neuf médailles, dont cinq en or. La star de ces cinq journées d’épreuves aura été Jason Kenny, vainqueur de la vitesse individuelle. Ce fût un moment fort en émotions pour le public venu en masse car les deux finalistes se sont livrés à un coude-a-coude sans merci.

Dégringolade française en Vitesse

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François Pervis (à droite), en proie à des soucis personnels, n’a pas été à la hauteur des attentes en vitesse individuelle (Mauricio Moreno/Flickr)

Les épreuves de vitesse sont sans conteste les plus spectaculaires. Pour s’imposer, il faut une bonne dose de stratégie, mais surtout une force musculaire titanesque. Deux qualités dont pouvaient se vanter François Pervis : double tenant du titre en keirin, il était craint de ses rivaux. Or, il s’est fait manger tout cru lors de ces épreuves (12e au keirin, éliminé aux 16e de finale en vitesse individuelle). Le Français le reconnaissait, il n’avait pas la forme espérée cette semaine. Sa participation aux J.O est remise en cause après ce passage à vide.

Grégory Baugé est un autre Bleu en perte de vitesse. Quatre fois champion de vitesse individuelle, il n’a pu faire mieux que 6e. Un résultat qui n’est pas de nature à inquiéter le pistard, pour qui les J.O restent l’objectif principal cette saison.

Il n’est pas le seul à reconnaître cette priorité. La contre-performance française est relativisée par les membres de la Fédération, pour qui les Olympiades seront le moment clé de 2016. Seul motif de satisfaction : le bronze pour Quentin Lafargue en kilomètre.

Maigre bilan pour la France

Trois petites médailles sont venues récompenser les efforts tricolores. Outre Quentin Lafargue, sa compagne Laurie Berthon a obtenu une remarquable médaille d’argent sur l’omnium. Cette épreuve requiert toutes les qualités du cycliste sur piste. Les sportives se sont affrontées deux jours durant sur six épreuves, mêlant endurance, explosivité et sens tactique. Un classement par points vient sanctionner la polyvalence des concurrentes. Berthon a acquis à l’arraché sa deuxième place aux dépens de l’Américaine Hammer, lors de l’ultime épreuve au sprint.

Lors de l’épreuve de la madison, le duo Benjamin Thomas-Morgan Kneisky aura été la paire la plus dangereuse du duo Wiggins-Cavendish. Leur seconde place est un belle performance. Malgré tout, il est légitime d’être déçu par la prestation globale de la France. On est loin des sept breloques dont cinq en or de 2015 ! L’an passé, la France s’était hissée au premier rang mondial ; aujourd’hui, elle n’est plus que quatorzième. N’oublions pas que l’incertitude et le faible écart de performances sont des données importantes dans ce sport. Une victoire ne tient à pas grand-chose, et on espère que nos athlètes  »se referont la cerise » à Rio !

Medhi Casaurang-Vergez

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